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Dès l’Antiquité, le droit romain avait posé comme principe intangible que « le propriétaire d’un bien est naturellement propriétaire des fruits produits par ce bien ».

Cette sage maxime a sans doute échappé aux dirigeants des « Big Tech » qui étaient distraits pendant les cours d’histoire.

Sans remonter exagérément dans le temps, un courant de plus en plus affirmé de la protection des œuvres de l’esprit a défini les droits des auteurs, artistes, créateurs, éditeurs, notamment à partir de l’invention de l’imprimerie.

Si tous les pays d’Europe connurent alors une profusion de textes et jurisprudences relatives au renforcement du droit d’auteur, contentons nous de rappeler le combat dès le XVIIIème siècle pour une reconnaissance juridique  des écrivains, de la « lettre sur le commerce des livres » de Diderot, en passant par la loi de juillet 1793 accordant aux auteurs le droit exclusif d’autoriser la reproduction de leurs œuvres, sans oublier la création , en 1834 , par Balzac, Hugo, A. Dumas, G. Sand (pas moins !) de la Société des gens de lettres destinée à défendre le droit moral et patrimonial des auteurs.

Bon, la suite de l’histoire, aussi passionnante soit-elle, serait un peu longue avant d’aboutir à la directive européenne du 15 avril 2019 transposée en un temps record dans le droit français par la loi du 24 Juillet 2019 !

Ce rappel peut paraître fastidieux, mais il illustre l’enjeu civilisationnel des débats de ce jour consécutifs aux réticences, le mot est faible, des dirigeants des « Big Tech » à respecter un droit essentiel qui a conforté depuis des siècles les fondements de nos cultures, de nos savoirs, de nos arts.

Comme vous le lirez dans cette « Lettre de la FNPS », face aux combats juridiques qui s’annoncent difficiles, il est indispensable pour tous les éditeurs d’adhérer à la Société des Droits Voisins de la Presse (DVP) afin de renforcer notre pouvoir de négociation.

Au-delà des éventuels partenariats avec les « Big Tech », aujourd’hui fournisseurs d’IA générative, l’avenir de la presse se jouera sur la spécialisation, la fiabilité et le temps long qui exigent un travail d’investigation qui ne soit pas celui de l’analyse rapide et du commentaire à l’emporte-pièce. Ce défi ne peut être relevé qu’avec un modèle économique robuste et une totale indépendance financière.